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24th of October 2018

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«C'est le destin de tous les papes» de rencontrer des oppositions, explique le card. Becciu - ZENIT - Francais

« C’est le destin de tous les papes » de devoir affronter des oppositions de droite et de gauche comme l’a fait le pape Paul VI, fait observer le cardinal Giovanni Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, lors d’une conférence de presse pour la présentation de la canonisation du pape Montini et de Mgr Oscar Arnulfo Romero. A ses côtés, le cardinal salvadorien José Gregorio Rosa Chavez, archevêque de San Salvador (Salvador).

Le cardinal Becciu  évoque la « liberté nouvelle » qui a favorisé l’expression de ces critiques, autrefois impensables de l’intérieur de l’Eglise.

La croix pour compagne

Il ajoute : « C’est le destin d’un pape de ne pas avoir des approbations de tous » et lorsqu’il est élu, « il se prépare à suivre le Christ et la croix est sa compagne ».

Et Paul VI, a souligné le cardinal Becciu a eu une capacité spéciale à souffrir « pour l’Eglise, pour Jésus-Christ, pour le monde ». En même temps il jouissait d’une « sérénité profonde ».

Avant le conclave qui l’élira, un témoin a fait observer qu’il risquait de devenir pape, et a glissé à l’oreille de son secrétaire, Mgr Pasquale Macchi : « Il deviendra pape, mais conseillez-lui de sourire un peu plus ». « Il savait souffrir mais avec sérénité intérieure », a insisté le cardinal Becciu.

Il a rappelé que, jeune, Giovanni Battista Montini (1897-1978) a vécu les totalitarismes, du fascisme et du nazisme. Et une fois pape, il a souffert des soubresauts de 1968 dans l’Eglise : une « contestation ouverte », avec « l’occupation de la cathédrale de Parme … par des catholiques ». Il a dû affronter une « grande contestation de droite et de gauche ».

Deux exemples. Paul VI invite – c’était exceptionnel – un cardinal à se tenir à ses côtés à l’angélus du dimanche. Mais par la suite, ce cardinal le critique ouvertement: « Tu n’avances pas assez dans les réformes ».

Lorsqu’il promulgue le motu proprio établissant la limite d’âge de 80 ans pour l’entrée des cardinaux en conclave, le cardinal Eugène Tisserant lui adresse de grandes critiques.

Or, le cardinal Tisserant avait accompagné Paul VI dans ses voyages apostoliques en Terre sainte (c’est la première fois qu’un pape s’y rend en pèlerinage) et en Inde: des voyages qui constituaient uen nouveauté et faisaient sensation.

À la suite des deux motu proprio Suburbicariis Sedibus du 11 avril 1962 et du motu proprio Ecclesiæ Sanctæ du 6 août 1966, le cardinal Tisserant démissionne du gouvernement pastoral des diocèses suburbicaires (autour de Rome) d’Ostie et de Porto et Santa Rufina.

Le cardinal Becciu cite cette remarque d’un cardinal qui a prêché une retraite au Vatican sous Paul VI : c’est « un des papes qui a le plus souffert en ce monde », des souffrances spirituelles et morales, pas seulement physiques, précise le cardinal Becciu.

Il cite encore cette capacité d’offrir et de s’offrir, sans songer à lui : la veille de sa mort, son secrétaire lui propose de prier. Il répond : « Pas pour moi, pour l’Eglise ».

Une mystique authentique

Pour déclarer une personne sainte, rappelle le cardinal Becciu, il faut vérifier si elle a vécu les « vertus ». Or, l’enquête sur les vertus de Paul VI occupent 5 volumes: des témoignages pour le moment impossible de les publier, ils sont trop récents.

Mais il voit dans Paul VI « un authentique mystique même sans phénomènes extraordinaires », avec au « centre de sa vie », l’eucharistie, et la prière quotidienne du rosaire.

Le cardinal sarde souligne l’humilité de Paul VI : « il suffisait de le voir », elle n’était pas « artificielle » mais comme « naturelle », comme une « attitude intérieure profonde ». Il vivait en « serviteur des serviteurs de Dieu ». Cette humilité était révélée par certains gestes spontanés (comme sur la photo avec avec Stephen Hawking) ou encore la lettre aux hommes des Brigades Rouges – ce groupe terroriste d’extrême gauche responsable de la mort de l’homme d’Etat catholique Aldo Moro -. Le pape écrit : « Je vous supplie à genou ». Il ne sera pas  entendu.

Il n’a pas provoqué de « moments extraordinaires », mais sa sainteté a progressé dans la fidélité, quand il était prêtre, quand il est devenu évêque, puis pape: le cardinal Becciu y voit « un progrès dans la vertu de façon constante, dans la fidélité à l’Evangile », comme une « lumière qui, malgré l’oxydation de l’histoire » ne s’éteint pas.

Parmi ses mérites, le cardinal Becciu rappelle aussi le fait d’avoir poursuivi, conclu le concile Vatican II : « guider 2 000 évêques ce n’est pas facile, mais il a su le faire ».

Et la mise en oeuvre du concile : le concile avait « changé la façon de voir l’Eglise », d’où les grandes réformes: nouveaux dicastères, réformes de la Secrétairerie d’Etat. On insistait trop sur « l’organisation » et le droit canon, mais l’Eglise, « peuple de Dieu », « communion », « changeait la perspective », a fait observer le préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

Selon son vœu, Paul VI a été inhumé dans la « terre nue » à l’instar de saint François et sa tombe restera dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.

Le cardinal Becciu dit son émotion : « Dimanche, nous serons émus et pleins de foi en vénérant le grand saint qu’est Paul VI. » il ajoute : « C’est une joie de voir Paul VI canonisé parce qu’il est le pape de notre jeunesse » et dès la première année de son pontificat, le pape François a dit qu’il serait « heureux de le canoniser ».

Les six autres saints

Dimanche, six autres saints seront canonisés Place Saint-Pierre, au cœur du synode sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations », dont Mgr Oscar Arnulfo Romero (Salvador), assassiné alors qu’il célébrait la messe. Trois d’entre eux ont été béatifiés par Paul VI, deux par Jean-Paul II et Mgr Romero par le pape François, en 2015, comme Paul VI, en 2014.

Un prêtre italien, Francesco Spinelli (1853-1913), « engagé complètement dans la charité », et qui a vécu à Milan. Il a été béatifié par Jean-Paul II en 1992.

Un autre saint italien, de Torre del Greco (1751-1831), près de Naples, sur les flancs du Vésuve, le p. Vincenzo Romano, « un champion de la charité ». Il a été béatifié par Paul VI en 1963.

Une religieuse allemande, mère Maria Katarina Kasper (1820-1898), fondatrice, engagée dans l’accueil et la promotion des pauvres. Elle a été béatifiée par Paul VI en 1978.

Une religieuse espagnole, Mère Nazaria March Mesa (1889-1943) missionnaire en Bolivie puis en Argentine, morte à Buenos Aires. Elle a aussi créée une communauté au service des pauvres. Elle a été béatifiée par Jean-Paul II en 1992.

Enfin, un jeune italien sera canonisé, Nunzio Sulprizio (1817-1836): il est un « exemple de force et de courage dans l’acceptation des souffrances qu’il subissait ». Il a été proclamé bienheureux par Paul VI en 1963.

Pour ce qui est des participants à cette canonisation, le cardinal Becciu indique, avec des précautions, qu’on attendrait quelque 60 000 personnes, mais que les mesures de sécurité, notamment, peuvent toujours freiner les gens.

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